Récit mémoriel

Remonter du fond, autrement

Audrey Lempereur

Un récit de mémoire, de transmission et de racines, profondément lié à l’histoire familiale et au bassin minier.

Édition papier
17 € TTC
Ebook
9,99 € TTC
Précommandes à partir du
1er octobre 2026
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Le récit

Une histoire de famille, de mémoire et de transmission

Tout commence un soir de mai 2026, à Bollaert.

Dans les tribunes, les premières notes des Corons réveillent bien plus qu’un souvenir. Elles font remonter des visages, des gestes, des silences. Ceux des hommes descendus au fond, des femmes qui faisaient tenir les maisons, des enfants devenus adultes trop tôt, des familles venues d’ailleurs et de celles qui ont appris à vivre ensemble sur une même terre.

Fille et petite-fille de mineurs, Audrey Lempereur croyait connaître cette histoire. Celle du bassin minier du Nord–Pas-de-Calais, de ses corons, de ses terrils, du travail et du charbon. Mais en remontant le fil de sa propre famille, puis celui de la famille Przybylski qu’elle a embrassée par son mariage, une autre histoire apparaît : celle de ce que les générations transmettent sans toujours le dire.

Des mains qui savent réparer. Des femmes qui tiennent. Des corps qui portent parfois trop longtemps. Une intelligence qui ne passe pas toujours par les diplômes. Des départs, des ascensions sociales, des occasions saisies ou manquées. Des recettes, du patois, des repas de famille, une clarinette, une boulangerie, des souvenirs polonais. Et cette manière, profondément populaire, de rire quand la vie serre un peu trop fort.

Au milieu de ces histoires revient le Racing Club de Lens.

Non comme le sujet d’un livre de football, mais comme un fil rouge. Bollaert, le Sang et Or, les tribunes et les matchs deviennent des lieux où quelque chose du passé continue de vivre. Là où les mines ont fermé, le club rassemble encore des générations, des origines et des mémoires différentes autour d’un territoire qui n’a jamais complètement oublié ce qui l’a façonné.

Mais Remonter du fond, autrement parle aussi de ceux qui viennent après.

De ce que signifie grandir avec un héritage que l’on n’a pas choisi. Partir, étudier, changer de milieu, apprendre d’autres codes, chercher sa place et entendre parfois cette petite voix qui demande si l’on est vraiment légitime à l’occuper.

Alors une question traverse le livre : que faire de ce que les autres nous ont laissé ?

Tout garder serait impossible. Tout abandonner serait perdre une part de soi.

Il faut apprendre à trier.

Garder la force sans hériter de toute la dureté. Le courage sans le silence. La fidélité sans l’enfermement. Le soin des autres sans s’oublier soi-même.

Entre récit familial, mémoire populaire et réflexion sur la transmission, Remonter du fond, autrement raconte une remontée : celle d’une femme qui retourne vers ce qui l’a construite, non pour y rester, mais pour comprendre ce qu’elle veut en emporter.

Les anciens sont descendus au fond. À ceux qui viennent après d’inventer leur manière de remonter.

Le livre

La quatrième de couverture

Le texte de présentation, l’ISBN et le prix de l’édition papier réunis au dos de l’ouvrage.

Quatrième de couverture de Remonter du fond, autrement, avec son résumé, son ISBN et son prix
Quatrième de couverture de l’édition papier

Repères thématiques

Ce que le récit met en mouvement

  • La transmission familiale, y compris dans les gestes et les silences.
  • Le bassin minier comme territoire vivant, au-delà du seul patrimoine industriel.
  • Les solidarités, le travail et le sentiment d’appartenance.
  • La manière dont une histoire collective continue d’habiter des trajectoires individuelles.
  • La possibilité de remonter à la surface autrement : par l’écriture, la relation et la mise en récit.

Informations

Caractéristiques du livre

Les données manquantes resteront masquées dans la future version publique tant qu’elles ne seront pas confirmées.

Genre ou catégorie
Récit mémoriel
Format
A5
Nombre de pages
220 pages
Type de couverture
Broché
Dimensions
148 × 210 mm
ISBN papier
979-10-448-0230-9
ISBN numérique
En cours d’attribution
Prix papier
17 € TTC
Prix ebook
9,99 € TTC
Disponibilité
1er septembre 2026

Édition

Mentions du livre

Informations éditoriales et légales transmises pour l’édition papier.

Droits
© Audrey Lempereur, 2026Tous droits réservés pour tous pays.
Auteure auto-éditrice
Audrey LempereurPas-de-Calais, France
Contact
contact@infratrame.fr
Publication
Version digitale disponible sur Amazon et Bookelis dès le 1er septembre 2026
Fabrication
Fabriqué en France
Dépôt légal
septembre 2026

Extrait

Le soir où tout est remonté

22 mai 2026, finale de la Coupe de France.

Il suffit des premières notes. Je suis debout en tribune Delacourt, au milieu de Bollaert.

Autour de moi, les voix montent, les écharpes se lèvent, le béton semble respirer sous les pieds. Le stade est plein, mais il n’y a pas de joueurs devant nous. Seulement des écrans, des visages tournés vers la même attente, des maillots rouges et jaunes, des enfants sur les épaules, un public en joie.

Et cette chanson qui commence.

Les Corons. C’est une poussière ancienne qui remonte dans la gorge. Une mémoire qui ne demande pas la permission. Une chose très simple, presque impossible à expliquer à ceux qui ne l’ont jamais vécue.

Nous sommes là grâce à Antoine. Il a trouvé des places.

Lire l’extrait complet

À Lens, cette phrase mérite qu’on s’arrête. Trouver des places pour un soir pareil, ce n’est pas seulement faire une réservation. C’est une opération stratégique, un exploit familial qui devrait presque donner droit à une médaille, ou au minimum à une frite gratuite. Dans certaines familles, on admire ceux qui ont fait médecine, ceux qui ont réussi un concours. Chez nous, ce soir-là, Antoine avait trouvé des places à Bollaert. Autant dire qu’il venait d’apporter sa contribution personnelle à l’histoire collective.

La finale se joue au Stade de France. Lens contre Nice. Mais ici, il ne s’agit pas seulement d’une retransmission. Une ville est rassemblée, et bien au-delà. Des familles entières. Des gens qui auraient pu regarder le match chez eux, bien installés, avec une boisson au frais et les commentaires à la télévision, mais qui ont choisi de venir ici.

Quand les supporters chantent Les Corons, je n’entends pas un simple refrain.

J’entends des femmes qui continuaient parce qu’il fallait bien. Des hommes qui partaient tôt et parlaient peu. Des enfants trop vite grands. Des mains capables de réparer.

Je me souviens des gestes plus que des discours. Des silences plus épais que des phrases. Des façons d’aimer qui passaient rarement par les grands mots.

Dans ma famille, aimer passe souvent par le concret.

On dit : « J’ai regardé ta voiture. » « Fais attention à la route. » « Mets un gilet, il va faire frais. »

Ce qui, dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, peut parfois équivaloir à une déclaration bouleversante.

Mon père parle comme cela. Avec les faits, les gestes, les précautions. Et puis avec le patois.

Cette langue vivante, chez lui, ne demande jamais l’autorisation d’entrer. Elle surgit. Même dans des réunions, au milieu de dossiers très sérieux et de gens appliqués à parler comme il faut, il peut laisser passer un mot du pays. Un « à ch’teure », un « in’minqu’ropu qu’cha », une tournure venue d’ailleurs, lancée sans prévenir, comme si tout le bassin minier venait soudain poser sa chaise dans la pièce. Ce n’est pas une erreur de langage. C’est une racine.

Autour de moi, la tribune vibre. Des hommes, des femmes, des enfants, des anciens, des jeunes, des maillots de toutes les époques, des écharpes, des drapeaux, des joues peintes, des voix déjà fatiguées alors que le match n’a pas commencé.

Dans une autre ville, on dirait sans doute : « Nous allons regarder un match. »

Ici, on vient avec ce qui nous précède. Les fidélités familiales qu’on n’a pas choisies, mais qui nous tiennent quand même.

À chaque but, la bière vole. Je ne dis pas cela pour faire couleur locale. C’est un fait. Des bras se lèvent, des gobelets partent en l’air, la bière retombe sur les épaules, les cheveux, les lunettes, les voisins qui n’avaient rien demandé. Nous sommes aspergés, collants, un peu poisseux et heureux. Il existe sans doute des parfums plus nobles, mais je ne suis pas certaine qu’ils auraient mieux convenu à l’Histoire ce soir-là. Rien de tout cela ne ferait une belle image publicitaire. Et pourtant, c’est magnifique. Parce que c’est vrai.

Je regarde Christophe près de moi, son bras autour de mes épaules. J’observe cette foule qui chante comme si elle avait reçu la même consigne secrète. Personne ne cherche à être élégant. Personne ne vient se montrer. On est là pour le Racing Club de Lens. Ce qui, dans le bassin minier, veut souvent dire beaucoup plus que ce que la phrase laisse entendre.

À quelques centaines de mètres de là, mon père est chez lui. Je pense à lui au milieu du vacarme. Entend‑il quelque chose de la clameur ? Regarde‑t‑il le match à la télévision, avec cette manière qu’il a de commenter sans jamais trop en dire ? Il peut expliquer un lieu, une technique, une organisation, un risque. Il sait raconter une machine, une pente, un bruit. Il sait dire ce qui tient, ce qui casse, ce qu’il faut surveiller.

Il est allé peu de fois au stade. Je ne crois pas que ce soit par désintérêt. Le stade est tout près de lui. Il suit. Il sait. Il appartient à cette histoire. Il l’avait déjà dans les mains.

Cette pensée me serre la gorge tandis que les voix montent encore. J’ai l’impression d’être au seuil d’une galerie invisible. Une image que je connais sans vraiment l’avoir regardée. Un monde que j’ai voulu quitter, comprendre, dépasser parfois, et qui revient avec une force tranquille.

Je croyais être venue voir une équipe gagner. En réalité, quelque chose venait me chercher.

Je ne savais pas encore exactement quoi. Peut‑être les morts. Les vivants. Peut‑être les surnoms qui durent plus longtemps que les papiers officiels. Les façons de faire apprises sans mode d’emploi. Les secrets que l’on croit avoir laissés derrière soi et qui reviennent un soir, dans une chanson, au milieu d’une tribune.

C’est ici que ce livre prend naissance, comme une tentative de déposer les mots là où longtemps il n’y eut que des silences.

Je ne veux pas aligner des dates et des noms comme on range des objets derrière une vitre. Je ne veux pas non plus fabriquer une légende propre, héroïque, bien éclairée, où tout le monde aurait souffert noblement avant de disparaître dans une belle phrase.

Du côté des miens, rien n’était aussi bien rangé. La peine, bien sûr. Mais aussi les blagues. Et cette façon de rire quand la vie serre trop.

En tribune, je comprends que cette soirée à Bollaert n’est pas un détour dans mon histoire. C’est un passage.

Entre ce qui a été et ce qui continue. Entre les corons et les tribunes. Entre ceux qui sont descendus et ceux qui cherchent encore comment remonter. Entre les silences de famille et le vacarme d’un stade.

J’ai travaillé, avancé, serré les dents, voulu monter, comprendre, prouver, parfois trop. J’ai porté du poids. Du visible. Et l’autre aussi, plus sournois, celui qui ne se voit pas toujours mais finit par peser dans les épaules, dans le ventre, dans la manière de respirer.

Je comprends simplement ceci : les miens sont descendus. Alors, à mon tour, je vais au fond. Pas pour y rester. Pour comprendre comment remonter.

En Delacourt, je ne sais pas encore tout ce que cette soirée allait réveiller. Les cris de joie, la bière qui vole, le bras de Christophe sur mes épaules : tout me ramenait déjà vers une couleur, un territoire, une Histoire. Le rouge et le jaune parlaient bien avant moi

L’autrice

Audrey Lempereur

Audrey Lempereur écrit à la croisée de l’intime et du collectif, des héritages familiaux et des trajectoires que l’on choisit de construire.

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Disponibilité

La version digitale sera disponible sur Bookelis.fr dès le 1er septembre 2026

« Remonter du fond, autrement » sera proposé au format PDF. Les précommandes de l’édition papier sont prévues à partir du 1er octobre 2026.

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